2005 – “Villes” de Soizic Stokvis

Passionnée par les villes, leurs transformations, leurs réseaux, leur densité, j’ai été amenée, en référence avec ces environnements, à travailler en parallèle l’abstraction géométrique et la photo.

En peinture, j’utilise deux supports : la toile et le mur. Je développe des aplats, des plages de couleurs, qui n’excluent pas les transparences. Les repentirs se révèlent comme des doutes, des références à une mémoire des lieux.

Il ne s’agit pas d’annoncer les bienfaits d’un « système », ou de s’en conforter. Il ne s’agit pas non plus de figurer un monde idéal où la science apporterait les clefs d’un monde parfait. Les villes sont au centre des grands questionnements actuels, sociaux, économiques et urbanistiques.

Sur la surface des toiles, superpositions, continuités, hiatus se succèdent. Des ramifications, des réseaux parcourent et tendent à des débordements à même les murs, sous forme d’adhésifs fluorescents – exposition à la galerie Duchamp à Yvetot.

En peinture murale, Centre d’arts de Clamart et Chapelle Saint-Jean à Pontivy, l’idée de ville tentaculaire prend son sens par son caractère monumental.

Il s’agit d’un déploiement dans l’espace d’un schéma préétabli sous forme d’un collage retravaillé à l’ordinateur. La répétition du motif, renversé, étiré, modifié, reporté à différentes échelles, renvoie à la standardisation des villes contemporaines, à une architecture banalisée, qui apparaît comme un leitmotiv tant dans les agglomérations moyennes qu’au niveau des grandes métropoles.

En parallèle, la photo m’apporte une approche directe de la réalité urbaine, de ses avancées. Je travaille sur le thème du chantier (le grand chantier à Paris, dans le 13è arrdt.), la destruction et la construction, mais aussi sur un lieu de flux comme le port du Havre.

Je prends des « notes photographiques ». A Clamart, les photos venaient s’incruster dans la peinture murale, comme des fenêtres. A Saint-Setiers, accrochées dans un autre espace, elles répondaient aux œuvres disposées au sol. Elles avaient été prises dans une ZI en devenir, proche de Limoges.

Ainsi, le matériau photographique jouant le rôle de contrepoint à ma peinture, mon travail se réfère à un environnement globalisé, où le déséquilibre existe, et non pas à un monde de certitudes acquises.
© Soizic Stokvis
Juin 2005

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