2006 – Marielle Barascud

SOIZIC STOKVIS , ACTUALITES

Le 26 avril, à Nanterre, Soizic Stokvis débute une saison riche en événements.

Originaire des Pays-Bas, Soizic Stokvis vient s’installer, après quelques années passées en Suisse, à Paris, en 1983, où elle vit et travaille depuis. Diplômée de l’Ecole nationale supérieure des Beaux Arts de Paris en sculpture, elle choisit de travailler la peinture depuis 1990.

Peinture murale, peinture sur toile avec « extensions » au scotch à même le mur, photographie, sérigraphie sur altuglas, autant de productions qui se déclineront selon les invitations d’avril à septembre mais toutes imprégnées de ce qui fait le moteur des diverses pratiques artistiques de Soizic Stokvis: la ville, ses extensions et l’architecture.

« Il semble plus naturel de travailler directement sur les murs, plutôt que de réaliser une construction, d’y travailler et de la mettre ensuite au mur. » (Sol LeWitt, 1970).

Soizic Stokvis ne se situe pas dans une problématique similaire à celle de Sol LeWitt. Pourtant, dans cette citation, se trouvent les termes clés caractéristiques de son œuvre.

La ville regorge de richesses dans ses extensions, ses circulations, ses rapports d’échelle. Soizic Stokvis fait son miel de la ville en chantier, en expansion: successions de plans, de structures et de strates. Rambarde, plateau, échafaudage, poutre, poutrelle, filin, grille, rampe, plate-forme, échelle, degrés, escalier… Autant de termes liés à la construction que l’on visualise immédiatement en lignes, réseaux, trames, circuit, etc. et qui sont le vocabulaire de ses peintures.

Elle « colle » sa peinture aux murs pour mieux s’en approcher, hors cadre, dans l’espace tridimensionnel architectural. Elle ne craint pas de couvrir des surfaces imposantes, ni de les partager. À Pontivy, à la Chapelle St Jean le Sourn, 150 m2 sont le support de son travail, induisant une nouvelle proposition de déambulation dans la chapelle.

Les photographies de Soizic Stokvis ont une fonction particulière. Ce sont ses notes sur le motif à grande échelle. Elles relèvent tel rapport de surface, tel plan, la circulation de telle ligne. Elles précisent les intérêts de l’artiste et fournissent une grille de lecture pour ses peintures ou ses sérigraphies.

Le paradoxe est subtilement introduit par la mise en relation des images. Soizic Stokvis établit un parallèle entre la photo du paysage urbain en construction et une peinture abstraite géométrique sans aucun dispositif illusionniste. La peinture, le « mural », permet au spectateur non pas une nouvelle appréhension du volume, de l’espace, où elle se déploie, mais une proposition de circulation. La ligne, le cercle, servent alors une succession de plans.

C’est cette dialectique entre surfaces et structures qui s’y dessinent qui va guider notre regard tout au long de ce parcours d’avril à septembre, de Nanterre à Pontivy. Autant de lignes d’un itinéraire qui se croisent, de schémas qui se succèdent.

© Marielle Barascud
2006