“Chantiers” au Pavillon de Pantin – 2006

4 mai – 8 juin 2006
Le Pavillon
– 18, rue du Congo – 93500 Pantin

Au Pavillon à Pantin je suis intervenue sur trois étages, en trois « chantiers » en quelque sorte.

Au rez de chaussée, la « circulation » même de la salle d’exposition me paraissait très intéressante. Au plafond se dessinent des arrondis et des pans coupés dans les angles. J’ai travaillé dans le sens de cette circulation par la mise en place d’une peinture murale et des adhésifs. Le déroulement des formes graphiques peintes sur le mur tend à modifier la perception de l’espace.
Une lecture à plusieurs niveaux de la peinture murale s’installe: les « liens » d’adhésifs industriels jaunes fluorescents renvoient à la succession de plans et de rythmes dans un paysage orthogonal, industriel, les formes circulaires et en lignes de fuite inscrivent un paysage en arrondis, en contraste. Le choix de la couleur noir (plages satinées et mates) s’inscrit dans une volonté de sobriété par rapport à l’histoire et l’environnement du pavillon de banlieue.

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En parallèle, les photos au second étage, ajoutent une approche directe de la réalité urbaine, de ses avancées. Il s’agit de photos prises sur le grand chantier du 13è arrondissement. Ici j’ai voulu mettre l’accent sur la terre même du chantier, remuée, travaillée, comme transpercée. Il s’agit de ce moment où la ville transforme définitivement son paysage. Cette terre ne sera bientôt plus visible. On dirait un corps dans un contexte médical qui subit une opération à « terre ouverte ».

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Au 1er étage, sur le pallier, se déroulent trois vidéos successives, en boucle, au titre générique : « circulez, il n’y a rien à voir ».

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Dans la première se trouvent des plans du chantier du percement du métro devant la gare de Rotterdam et la circulation urbaine qui s’y déroule sans être apparemment perturbée par l’encombrement des travaux. En fond sonore on entend le vacarme d’un marteau piqueur géant. Ce bruit puissant, rythmé comme un battement de cœur, à un niveau sonore égal à la démesure de l’avancée de la ville, crée le lien entre les trois étages de l’exposition. Le son joue ici comme d’un facteur attractif et répulsif, incitant « le regardeur » à venir prendre connaissance de l’origine du bruit, puis de s’en éloigner, en montant au second étage ou à redescendre.

Les deux autres vidéos ont été enregistrées sur le grand chantier du 13e arrondissement. Il s’agit d’ un plan fixe du périphérique vu de loin, au niveau du pont d’Ivry. Au loin, le flot continu des véhicules apparaît comme une succession de pixels. En fond sonore on perçoit la rumeur continue de cette circulation lointaine. La dernière vidéo montre un plan fixe totalement silencieux d’un passage nouvellement créé dans le chantier.

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